Je suis convaincu que dans une vie antérieure, j’ai dû être un pilleur d’épaves. Je passe souvent un mauvais moment quand je rencontre quelque chose qui pourrait encore être utile, mais qui est relégué par ses propriétaires légitimes à un sombre placard de troisième ordre. Ou pire.

Comme élément à ma décharge, je veux appeler à la barre des témoins deux moulins à poivre et sel Peugeot désaffectés. C’est un petit secret entre Français (comme il y en a plusieurs) que les moulins Peugeot sont beaucoup mieux que leurs voitures. Ils sont même tellement bons que dans les vide-greniers le prix de vente pour un moulin à poivre meurtri n’est pas beaucoup inférieur à un exemplaire brillant tout neuf.

Donc, quand je découvrais deux de ces bijoux dans notre cache à la côte belge, mon cœur a sursauté de joie. La coque en plexi était brisée et cassée, mais le mécanisme était (bien sûr) intact. Les propriétaires anonymes ont rapidement accepté mes propositions restauratives.

Je l’avais encore un peu de hêtre Flintstone ( du bois de flotte aurait en fait été encore mieux, cela économiserait le sel!), cela marchait bien pour le corps, mais pour la tête des moulins, je voulais trouver quelque chose à la fois distinctif et facile à retenir.

Finalement, j’ai utilisé le Zebrano pour le sel (« Zout »), et du Purplewood (Bois d’Amarante, ou acajou de Cayenne) pour le Poivrier.

L’observateur distingué pourra encore discerner des traces du photographe…